Comme convenu, les activités religieuses ont débuté d’abord par l’organisation d’une Hadra au profit de
la gente féminine, avec notamment l’entrée en lice des « Faqirâtes », qui se sont distinguées par la citation de diverses oraisons dédiées à l’ultime des prophètes et aux sages théologiens de la région qui se sont dévoués pour l’intérêt d’autrui.

A partir de 19h, juste après la prière d’El Maghreb, les participants, à leur tête les autorités communales, se sont rassemblées à l’intérieur de la grande salle de l’auberge de jeunes, située au niveau du complexe sportif Mohamed
Fartas, pour prendre part à la veillée religieuse consacrée à la pensée des défunts sages de la région, dont Sidi Moussa (Cap Carbon) , Sidi Souiyah (Arzew) , Sidi Bouzned (El-Mohgoun), et Sidi Ben Yebka dont la commune actuelle porte le nom, située à quelques encablures au nord ouest du chef lieu de daïra Arzew, sans omettre de signaler les monuments consacrés à Lella Kheira qui n’est autre que la mère de fameux fondateur de la tariqa El Aâlaouia, feu Sidi Abdelkader El Djilani, à Sidi Blel et enfin à Sidi Bouchentouf. Des refrains religieux ont été
psalmodiés par des choeurs jumelées de Fouqaras de divers horizons, mettant en relief la bonté divine et la sagesse du prophète Mohamed (QSSL), notamment les chants (Mata Ayni Tarakoum, Ellah Ellah Moulana, Ya men
bihim kad tabet hayati et enfin Ya ridjel Ellah. L’animateur Rachek Mokhtar, un adepte de la Tariqa du cheikh Sidi Abdelbaki, par la suite, présentera les conférenciers qui se relaieront tour à tour devant les affiliés aux différentes zaouias venus écouter la bonne parole. Le premier tribun prenant la parole, Moulay Ismail, représentant de la Tariqa soufia Errifaya, basée à Sebdou et dont les origines remontent au 15ème siècle de l’Hégire en Irak et plus précisément de la province d’ Oum El Abida. Celui-ci mettra en exergue, lors de son allocution, les principaux pôles dont s’inspire sa congrégation religieuse, à savoir les préceptes de feu Sidi Moulay Abdeldjilali et Sidi Ahmed Errifai. Le cheikh Mokdad Faouzi, orateur au nom de la zaouia Bouabdellia, sise à Béthioua, prendra le relais, en soulignant les conduites exemplaires des sages précurseurs qui ont conduit la nation musulmane à l’apogée de la science et du bien être. L’imam de la mosquée d’El-Mefsoukh Si El Djilali, développera par la suite la dissemblance
en matière de prêches entre les sages et les Oulémas. Les premiers cités dit-il sermonnent les discours de l’ alliance, le rapprochement et surtout les aspects furtifs. Quant aux oulémas, ces derniers selon l’avis du même intervenant planchent plutôt pour les prétextes manifestes.
Celui insistera que les êtres les plus aimés du créateur sont les messagers d’Allah et leurs alliés de la première heure (Esseddikine), les martyrs et enfin les sages détenant les paroles lucides. L’Iman d’El Mefsoukh, Si El Djilali, cita  en exemple l’Emir Abdelkader, Bouaâmama, El Mokrani ou Cheikh El Haddad et bien d’autres qui ont su accommodé à la fois leur mission d’enseignant au combat contre les occupants français et par qui le sens du  devoir et de la fidélité pour la nation furent hérités au générations suivante qui se sont soulevées par la suite en se référant des idéaux laissés par les Oulémas cités. La veillée s’est étalée toute la nuit par des méditations
et des citations coraniques jusqu’à une heure avancée de la nuit en se donnant rendez vous pour le lendemain (Samedi) sur l’esplanade du mont de Sidi Abdelkader El Djilali surplombant la ville pétrolière Arzew.

 

ARIBI MOKHTAR

Voix de l'Oranie du 1er Avril

http://www.voix-oranie.com/assets/Archives/01-04-2012/journal.pdf